16.06.2008

Empyr... Je m'attendais au pire

empyr.jpgCe qui est sympa lorsqu'on est journaliste musicale, c'est qu'au retour de week-end, on a souvent une grosse pile de CDs qui nous attend au bureau. Il y a quelques semaines (un lundi donc), je jette un coup d'oeil rapide aux albums arrivés pendant mes deux sacro-saints jours "off". Mon regard s'arrête sur l'album d'un groupe du nom d'Empyr. Je ne sais pas si c'est l'our polaire sur la jaquette ou tout simplement le titre de l'album, A peaceful Riot, qui m'attire mais j'insère direct le CD dans le lecteur... Comme tous les disques que je reçois, je l'écoute d'abord sans trop prendre garde à l'argu qui l'accompagne. Pour ne pas être influencée.
Le son, gras & lourd, de la chanson d'ouverture du disque (God Is My Lover) fait mouche et j'accroche assez facilement.
Certes, il y a quelques essoufflements au fil des 12 morceaux qui suivent et la voix est un peu trop "claire" à mon goût mais en anglais, cela passe relativement bien.
Je décide alors d'aller faire un tour sur le site internet dudit Empyr pour voir la trogne de ces "jeunes gens". Et là, stupeur ! Les mecs de Kyo (Benoît et Flo), un autre de Watcha (Frédéric), de Pleymo (Benoît) ou encore de Vegastar (Jocelyn). J'ai du mal à en croire les yeux... et les oreilles ! Moi qui excécrais chacun des groupes mentionnés ci-dessus à plus de 80 %, je dois avouer que le mélange est à mon sens, plutôt réussi.
Partis enregistrer A peaceful Riot à Los Angeles, les cinq gars en ont ramené un son plus grave, impulsif, très anglo-saxon, bien que lorgnant sur celui de formations déjà connues, Deftones ou Linkin Park en tête. Benoît Poher, auteur des textes, a mis de côté les préoccupations "teenage" pour aborder des thèmes plus "profonds". Les mélodies, tantôt énervées, souvent planantes, sont des plus efficaces même si, pour la plupart, elles sonnent le "déjà entendu".
Les fans d'hier se retrouveront-ils dans Empyr ? En tout cas, c'est loin d'être une prérogative du groupe puisque, comme il le souligne sur son blog : "essayez d'oublier le passé, faites place au futur". Tout est dit.

http://empyr.skyrock.com/
http://www.myspace.com/empyrmusic
http://www.empyrmusic.com/

Photo : Empyr (Jive Epic)

En vidéo : Empyr, New Day (clip)

 

31.01.2007

Naast, la nouvelle sensation rock français

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Pantalons noirs, mocassins vernis, coupe "stylée" à souhait, regard arrogant. Naast a tout du caprice de jeunes aristos parisiens qui, pour tuer le temps, se seraient lancés dans la musique parce que c'est cool. Et pourtant…

Originaires de Joinville-le-Pont, nos jeunes pousses font dans le rock sixties, qui ressemblerait à un album des Chaussettes Noires piqué dans la discothèque de papa-maman.
Pour preuve ? La sortie en août dernier de leur premier single, "Mauvais garçon" (en version vinyle svp !) extrait de leur première galette "Antichambre", dans les bacs depuis le 15 janvier.

http://www.myspace.com/lesnaast
Photo: Naast, Naast cover DR

30.01.2007

Pauly sonne

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En jetant un coup d’œil rapide au CV d’Adrienne Pauly ("Au cœur du mensonge" de Claude Chabrol, « La bête de miséricorde » de Jean-Pierre Mocky), on songerait volontiers à une énième comédienne venue remplir les bacs de nos disquaires, parce que c’est dans l’air du temps. Or, ce que l’on oublie, c’est qu’Adrienne est loin d’être novice en la matière. En effet, voilà maintenant deux ans que la jeune femme balade sa voix chaude et goguenarde sur scène. Tout à la fois parolière et compositrice, Mademoiselle Pauly voulait un album qui lui ressemble, qui reflète son propre quotidien et celui des autres.

 

D’ailleurs, la présentation qui accompagne Adrienne Pauly (le disque) est des plus explicites : « Rien de tel qu’une tranche de vie pourrie quand on a l’esprit subtil pour s’en moquer et une voix sensuelle pour la porter haut et fort… » Cela explique pourquoi l’on croise, au fil des onze chansons du disque La fille du Prisunic, un Nazebroke, un Méchant Cafard ou encore L’amour avec un con. Tour à tour, la belle chante les hommes, l'amour (J’veux un mec), la clope, les bars glauques, les soirs de blues… Des instants de vie volées et sublimées sur fond de rock velours livré avec lucidité, subtilité et un brin de moquerie. On pourrait presque l’accueillir dans la grande familles des illustres « grandes gueules » chantantes : Edith Piaf, Juliette Greco, Catherine Ringer…

 

A 26 ans, c’est un peu un rêve de gamine qui se réalise aujourd’hui avec ce premier disque dans les bacs et une tournée qui court sur plusieurs mois. Une véritable artiste est née, à découvrir sans plus attendre.

 

http://www.adriennepauly.com
Photo: Adrienne Pauly cover DR (Warner Music)

03.01.2007

Cyrz : à huis-clos

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« Avant tout j’écris des chansons » nous annonce Cyrz sur son site MySpace. Il n’a pas tort…
Il était une époque où Cyrille Paraire rejouait sa vie sur papier, guitare sur les genoux, entre les murs de son neuf mètres carré. Des textes écrits pour tuer le temps, pour rompre l’ennui. Des titres composés pour lui, pour vaincre sa timidité, pour sa survie. De simples morceaux (de papier bien sûr !) en véritables parchemins, il accumule au fil des années quelques 300 chansons. Encouragé par son ami d’enfance, un dénommé Mathias Malzieu (Dionysos), Cyrille va bien bientôt « faire le pas » et se lancer dans la musique, prenant au passage le pseudo de Cyrz.

 

Sur son premier album Un morceau de mon avenir enregistré à Bruxelles, le chanteur solitaire nous balade en dix-sept chansons intimes, touchantes, à la poésie diurne – en effet, le type est plutôt du matin, précieux héritage de son « ancien » job d'aide éducateur. Dix-sept titres, du simple Post-it en Mélimélopée, formé autour du trio basse/batterie/guitare rejoints de temps à autre par les cordes et l’harmonica. Une musique acoustique, bucolique mais jamais statique. Des paroles en demi-teinte, de Fer forgé à Un air d’autoroute en passant Le ciel des amants, Toboggan ou Chanson d’amour, à l’humour parfois noir mais toujours juste et livré sans fioriture aucune. Un univers qui n’est pas très loin de celui de Dominique A. Sur scène, accompagné de ses musiciens, Cyrz recrée l’intimité de « sa » petite chambre. Le genre de soirée où il fait bon se sentir comme à la maison.


Photo: Cyrz DR (Pias)

 

 

24.06.2006

Le spleen de TYA

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Parler de Mansfield TYA, c’est d’abord rendre hommage à June Mansfield Miller, épouse du très controversé Henry Miller, écrivain américain avant-gardiste du début du 20ème siècle, rendu célèbre pour sa lutte contre le puritanisme et ses romans censurés parce que jugés pornographiques.

Ecrire sur la musique de Mansfield TYA, c’est évoquer une caresse, rassurante et menaçante à la fois. Un folk minimaliste et mélancolique porté par deux nantaises, Julia Lanoë et Carla Pallone. Voix frêle, textes à fleur de peau tantôt en français, tantôt en anglais, mélodies entêtantes emmenées par un violon attenté, une guitare effleurée, un piano chatouillé. Lauréat CQFD, le duo livrait en octobre 2005 son premier album, June(Teona/Wagram).
Un disque qui nous conduit en des contrées proches de Cat Power, Cocorosie, Shannon Wright ou Dun Leia, version plus intimiste.
Spleen nostalgique et ascendant (Et demain déjà), comptine moqueuse (Mon amoureuse), embruns électrifiés (The Day goes Pale), Mansfield TYA provoque les sens et l’esprit. A noter, Pour oublier je dors (« Car j’ai défoncé ses dents/ Pour qu’on ne me retrouve pas »), complainte assassine d’une exquise cruauté. Un univers saisissant donc, à découvrir tant sur disque que sur scène.


http://mansfieldtya.free.fr/
Photo: Mansfield TYA (Cécile Genest)

26.03.2006

The Subways: Vingt ans et toutes leurs dents

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Un trio mixte. Une fille, deux garçons. Quatre années d'existence et une moyenne d'âge n'excédant pas la vingtaine. Leur nom: The Subways. Ou l'histoire (classique!) d'une bande de gamins qui auraient troqué barbies et consoles de jeux contre basse, batterie, guitare pour monter un groupe de rock. Comme ça, pour faire genre. Seulement voilà... Forts d'une jeunesse affichée et revendiquée, Charlotte, Josh et Billy ont déjà la carrure des plus grands. En livrant Young For Eternity (2005), premier album vorace et obsédant, The Subways dévoile à nos oreilles des textes plutôt bien foutus et des compositions dignes de vieux routards du rock'n'roll. De Want To Hear What You Have Got To Say à With You, sans négliger l'éminent Rock'n'Roll Queen, les trois "britons" offrent par ce disque un plaidoyer au punk garage.
Certes, Josh (batterie) s'énerve sur ses fûts comme un gosse dont la mère aurait refuser d'acheter le dernier Action Man à la mode; d'accord miss Charlotte a la voix et la dégaine de la parfaite sainte-nitouche prépubère; bien sûr Billy s'excite sur sa six cordes et éructe ses paroles à s'en arracher les cordes vocales, façon chien enragé. But Young For Eternity. Couplets chantés alternent à merveille avec refrains hystériques, riffs taillées au rasoir s'exécutent sur fond de batterie martelée. The Subways détient cette fougue primaire, juvénile, celle de groupes tels Von Blondies ou The Vines. Certains vont même jusqu'à les comparer à Nirvana, la touche féminine en sus. Une belle référence pour un début.

The Subways, Young For Eternity (Infectious Records/WEA) - Tracklist:
1- I Want To Hear What You Have Got To Say
2- Holiday
3- Rock & Roll Queen
4- Mary
5- Young For Eternity
6- Lines Of Light
7- Oh Yeah
8- City Pavement
9- No Goodbyes
10- With You
11- She Sun
12- Somewhere

http://www.thesubways.net
Photo: The Subways DR (WEA)
NB: Article à paraître dans *** le 11 avril 2006.