07.11.2006
Mélancolie mon amour
On avait laissé Kaolin un poil tristounet sur sa dernière livraison studio, De retour dans nos criques (2004). Et bien bonne nouvelle, il semblerait que le quatuor montluçonnais ait recouvré une certaine sérénité.
En témoigne Partons vite, ballade estivale et premier extrait de leur nouvelle galette, Mélanger les couleurs (At(H)ome) : « allez danse danse vient dans mes bras, allez tourne tourne, reste avec moi…Le soleil brille très haut tu sais… ».
Réalisé par Edith Fambuena, qui a déjà collaboré avec Pauline Croze, Alain Bashung ou encore Etienne Daho, enregistré par Philippe Balzé (Miossec) et masterisé par Tom Coyne à New-York, ces derniers ont su retranscrire l’essence même qui fait la musique de Kaolin.
D’accord, la mélancolie reste le thème de prédilection du groupe. Mais il la rend aujourd’hui légère, lumineuse et sublime. Boostée par les guitares (Chercher des poux), des rythmes envoûtants et charnels (Belle évidence/ Fais semblant), Kaolin joue une pop survitaminée, pleinement assumée. Ce qui ne l’empêche pas d’aborder des thèmes particulièrement sérieux, comme la politique sur J’irai mélanger les couleurs. Or, il le fait avec une subtilité telle que cela passe comme une lettre à la Poste. L’enthousiasme redescend un temps avec Club 35, plus enclin au Kaolin de De Retour dans nos croques. Mais la ferveur réapparaît dès Lilla Huset pour ne plus nous quitter jusque J’insiste, l’un des morceaux les plus émouvants et musicalement abouti de l’album.
Si Kaolin dit vouloir Mélanger les couleurs, il a en tout cas trouvé sa propre couleur musicale, celle d’une pop folk libérée et troublante.
Photo: Kaolin DR (At(H)ome)
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