01.08.2006
Astonvilla: Sexual Healing
« Elle se consume ma gitane/Me fait sa guerre d’Espagne »… La voix est grave, lascive, l’accompagnement acoustique et lunaire. Un embrun sinueux et violacé traverse la scène, d’où émerge la silhouette nonchalante de Fred. Regard sondant l’assemblée, lèvres effleurant délicieusement le micro. Le Cid est face à ses Chimène. La température monte d’un cran. Et nous n’en sommes qu’au commencement. Enrichi d’un nouvel album, De jour comme de nuit (Naïve), Astonvilla confirme après dix ans de carrière et une Victoire de la Musique en 2002 dans la catégorie Révélation de l'année, son statut de performer scénique. Poésie torturée, rythmique acérée, en 2006, Astonvilla la joue plus que jamais sensuel et charnel. Une mutation engrangée dès l’année passée, d’abord avec l’arrivée de Manu à la guitare et celle de Greg à la batterie. Puis avec l’enregistrement de l'album, plus rock, plus électrique, à l’écriture affûtée et produit par l'américain Daniel Presley. Résultat ? En live, Aston s’adonne à un va-et-vient incessant entre anciens titres et partitions nouvelles, balancement insolent entre hymnes résolument rock (Tête de lune, Rock Music, Regarde moi, Croiser le fer) et mélopées aériennes (Raisonne, Prière, Un million de lézards, Un homme bien, Ma blonde). Haletant, transpirant, le morceau De jour comme de nuit, (« Au fil de la nuit lente/On était mal d’être bien/A n’en jamais finir/ D’aller et venir, enfin »), élégie coïtale, obsédante et obsédée, parachève la sortie de scène du groupe sur des solos suffoquant. Reste à prévoir les extincteurs !
http://www.astonvilla.org
Photo: Astonvilla ©Claude Gassian
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Photo: Astonvilla ©Claude Gassian
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